La Commémoration du débarquement des troupes confédérées aura lieu le jeudi 1er juin 2017 à 17h45 au Port Noir.

116340Milices vaudoisesFrançois Cardinaux prendra congé de la garde d'honneur du Conseil d’Etat le 8 avril à Montreux, sa ville. Retour sur une épopée de vingt ans.

 

 

Sa voix de stentor n’effraiera bientôt plus les chevaux des Milices vaudoises. Commandant des Mousquetaires cantonaux, François Cardinaux prendra congé de la prestigieuse garde d’honneur du Conseil d’Etat, dans sa ville de Montreux, le 8 avril lors de la prise d’armes annuelle du régiment. Ce sera à coup sûr un adieu aux larmes. Lorsqu’il défilera dans la Grand-Rue et sur l’avenue Claude Nobs, le commandant montreusien ressentira sans doute tout autant de frissons qu’en remontant les Champs-Elysées à Paris en 2011 à la tête de sa troupe venue rendre hommage aux soldats vaudois de Napoléon.

 

Fier comme Artaban...

Mais, à l’heure de prendre la quille, l’intéressé se dit d’abord «fier comme Artaban» et surtout heureux du travail accompli durant 20 ans de services, dont dix à la tête des Mousquetaires. Le solide et chaleureux grognard se réjouit d’avoir pu étoffer son contingent au rythme de cinq nouvelles recrues par an. Aujourd’hui, le corps des Mousquetaires, où la camaraderie et la discipline librement consentie règnent en maîtresses. compte 90 hommes, davantage que les chasseurs à cheval (60) et que les artilleurs (30) des Milices vaudoises.

 

Ouvert à l'entrée des femmes

 

«Je laisse à mon successeur (ndlr, l’Yverdonnois Marcel Jud, son actuel second) une troupe en pleine forme. Mais son défi constituera néanmoins à assurer la relève au moment où une grande partie de nos hommes a effectué 30 ans de service depuis la fondation de notre association en 1985.» Faudra-t-il avoir recours aux forces féminines? «Nous n’y sommes pas opposés, répond François Cardinaux. Mais elles devront accepter de se fondre complètement dans la troupe. Nous ne voulons pas de vivandières.»

 

Une lourde tâche

 

Entré au sein des Milices vaudoises «par hasard» après une rencontre avec son prédécesseur au commandement des Mousquetaires, François Cardinaux y a suivi la voie traditionnelle. Sapeur durant 10 ans, il a pris les grades de lieutenant, de capitaine, puis, enfin, de major. «C’est une lourde tâche, commente-t-il. J’ai consacré par exemple une cinquantaine d’heures à la préparation de notre prise d’armes à Montreux en comptant les prises de contacts avec les autorités, le choix des lieux, la recherche de sponsors, où encore la gestion de la «roulante», notre cuisine, qui concoctera le repas pour 500 convives.»

 

Se rappeler d'où l'on vient

 

Au fait, à quoi servent les Milices vaudoises? La réponse du chef des Mousquetaires fuse: «A servir et représenter le Canton au travers d’une vingtaine d’événements par année. A ce titre, le terme de représentation n’est pas trop fort: si nous étions payés 50 centimes à chaque fois que l’on nous prend en photo, nous pourrions faire le tour du monde. Une des motivations principales des miliciens est aussi de faire revivre l’Histoire vaudoise. Ils sont d’avis que pour savoir où l’on va, il faut se rappeler d’où l’on vient.»

 

Armés dans la cathédrale

 

A titre personnel, lorsqu’il se replonge dans sa propre épopée de Mousquetaire, François Cardinaux n’est pas avare en anecdotes. «Un jour à Marseille devant le porche de la cathédrale La Major, où nous avions une représentation, j’ai demandé au curé où nous devions déposer les armes. Il m’a répondu que les soldats de Napoléon vont en armes auprès de Dieu. Nous nous sommes donc retrouvés dans le chœur mousquetons à la main. Et protestants de surcroît dans un lieu catholique.» Il se souvient encore d’un événement à Brest où sa troupe a pris la place de la Garde nationale française que le président de la république Nicolas Sarkozy n’avait pas voulu libérer pour le député-maire socialiste du lieu.

 

Source : 24 heures, images : Chantal Dervey